Alain Mustière, président pro-aéroport Les Ailes pour l’Ouest. | Ouest-France

Alain Mustière, président de l’association pro-aéroport Les Ailes pour l’Ouest, est à la fois dubitatif et optimiste après la confirmation d’une médiation de six mois sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le Premier ministre a indiqué, ce jeudi, que "le médiateur va permettre de mettre l’ensemble des choses sur la table, d’étudier l’ensemble des options" et qu’une décision "claire et assumée" viendra après sur l’avenir de ce projet.

Ce jeudi matin, Edouard Philippe, nouveau Premier ministre, a précisé le sens de la médiation voulue par Emmanuel Macron sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : "Il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l’ensemble des choses sur la table, d’étudier l’ensemble des options, et, ensuite, nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire." Une médiation de six mois avant un arbitrage politique définitif : on fait cet aéroport ou on ne le fait pas. Le Premier ministre a aussi avoué que "c’est un sujet redoutablement complexe".

Cette médiation se penchera aussi sur l’hypothèse d’un réaménagement de Nantes-Atlantique. Une étude que Nicolas Hulot, devenu ministre de la Transition énergétique, a toujours réclamée.

Alain Mustière, président pro-aéroport des Ailes pour l’Ouest, se dit optimiste, mais on le sent aussi dubitatif sur cette médiation. "Un médiateur pour quoi faire ? Quelle est sa lettre de mission ? On a déjà eu la médiation décidée par Jean-Marc Ayrault en 2013 (la commission du dialogue, N.D.L.R), celle commandée par Ségolène Royal en 2016, et le document de synthèse de la commission du débat public avant la consultation. Que faire de plus ? Quoi dire de plus ? Le médiateur a de quoi faire une synthèse parmi toutes les études déjà sur l’étagère. On perd six mois encore, mais si c’est le prix à payer pour réaliser cet aéroport et faire partir les zadistes, alors j’accorde ce temps à Emmanuel Macron… Je suis optimiste malgré la fatigue morale de devoir reprendre encore les arguments."

Alain Mustière comprend le délai souhaité par Emmanuel Macron, et reste confiant. "Pendant ces cinq ans d’immobilisme politique avec François Hollande, le dossier s’est malgré tout renforcé en notre faveur." Il rappelle le classement sans suite du contentieux européen sur les compensations environnementales, les multiples décisions de justice favorables à NDDL, et bien sûr le vote "oui" à la consultation. "Tout a été purgé et tout est allé dans notre sens", insiste Alain Mustière.

De son côté, Dominique Boschet, président de l’association contre le survol de Nantes, redit aussi que "le projet de plateforme à Notre-Dame-des-Landes est techniquement, financièrement et environnementalement cohérent. Toutes les conditions sont maintenant réunies pour que l’État prenne les décisions attendues pour le transfert de l’aéroport". De son point de vue, "le maintien de Nantes Atlantique est juridiquement impossible". Il rappelle les contraintes : survol de Nantes, dérogations aéronautiques, réglementations sur les nuisances sonores, l’allongement nécessaire de la piste avec ses incidences sur la zone Natura 2000 du lac de Grand-Lieu.

"Le respect de l’état de droit constituera une priorité pour ce gouvernement, et ce ne sont pas quelques dizaines d’activistes altermondialistes qui pourront continuer à bloquer la réalisation d’une opération indispensable pour le développement durable de l’ouest de la France", considère Dominique Boschet.